De Madère aux Canaries

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Sur les bons conseils du guide Imray, lors de notre visite du jardin botanique de Funchal, j’avais obtenu une autorisation de nous arrêter aux îles Selvagens, situées à mi-chemin entre Madère et les Canaries et réputées pour leur authenticité et leurs colonies d’oiseaux et nous pensions y faire une halte d’une nuit. Mais des prévisions de vent de Sud Est dans les 48 heures sur notre trajet allaient nous contraindre à avancer notre départ et à renoncer à cette escale. L’avenir nous donnera raison, car à Graciosa, bien à abri au port, nous aurons un vent de quarante nœuds de l’Est. Merci à Maxsea pour ces prévisions obtenues grâce au téléphone par satellite Iridium installé par la SEN à Brest juste avant notre départ.

Le 21 octobre nous entamons cette étape de près de 300 nautiques en compagnie de Kalika, un autre Lagoon 410, dont les propriétaires, François et Anne Marie accompagnés de leurs deux filles, se préparent également à traverser vers les Antilles.

Dès notre départ je mets à l’eau la traîne confectionnée par le shipchandler de Machico, notre bas de ligne nous ayant abandonnés entre Cascaïs et Porto Santo. Je ne sais si ce montage est mieux approprié, mais nous pêchons une belle bonite qui finit rapidement au frigo, après une lutte inégale qui se termine dans un bain de sang et un grand nettoyage du cockpit.premiere-bonite.jpg

Le vent est au rendez - vous, oscillant entre le travers et le largue pour 15 à 20 nœuds, et dès la première nuit je dois réduire la toile pour arriver de jour à Graciosa, petite île au nord de Lanzarote.

Graciosa et Lanzarote

Le 21 octobre, au lever du jour, à notre arrivée dans le port de Graciosa, nous avons eu la chance d’avoir une place au ponton, ce port étant très souvent plein, contraignant les bateaux de passage à se mettre au mouillage. Nous sommes conquis par la tranquillité de cette petite île, ses jolies maisons de pêcheurs et ses rues de sable. Malgré le trafic intense de ferries qui déversent les touristes à la journée et l’absence d’eau et d’électricité au ponton (ce qui explique en partie le tarif extrêmement intéressant), nous nous sentons très bien dans cette marina et nous ne nous déciderons à partir qu’au bout de 12 jours occupés par les bains de mer (les premiers depuis notre départ de Brest !) et les ballades.

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Au cours de cette escale nous avons retrouvé plusieurs bateaux rencontrés lors de la descente de l’Espagne et du Portugal, ou à Brest comme Avel Mad, dont Mapilo parti de l‘Aber Wrach. Bien que largement minoritaires parmi les bateaux de voyage, quelques catamarans font partie de cette flotte de migrants. Nous cheminons ainsi avec un Bahia 46 français, un Lagoon 440 néerlandais et deux Lagoon 410 français (en plus du notre).

Avec un pincement au cœur de quitter cette île, qui par certains côtés nous faisait penser à Molène, nous mettons le cap sur Arrecife, la capitale de Lanzarote, où nous verrons le Queen Elisabeth 2 à quai

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La traversée se déroule sans problème, mais le mouillage nous occupera une partie de l’après-midi. Nous devrons nous y reprendre à cinq fois, par un vent de vingt nœuds, avant de jeter l’ancre devant une plage lugubre, dans un recoin du port marchand, près du quai des porte-conteneurs. Nous avons en effet été proprement expulsés de l’autre partie du port par la police. La seule place convenable pour nous se trouvait près du quai des pilotines et de la vedette de sauvetage en mer (leur SNSM) et, bien que nous étions à plus de cinquante mètres de ces vedettes, ces fiers professionnels de la mer ont fait venir la police, prétextant qu’ils devaient pouvoir bouger sans gêne jour et nuit pour leurs missions. Parlementer auprès des policiers n’y a rien changé.

Mais l’essentiel était de pouvoir laisser le bateau en sécurité pour aller explorer l’île et nous nous sommes résignés.

La ville de Arrecife ne présentait pas beaucoup d’intérêt et, après avoir retrouvé Fabien et Clairevie de Avel Mad et fait la connaissance de Marco de Papagoyo, nous avons loué une voiture pour explorer l’intérieur de Lanzarote. Au programme, bien sûr, les marinas de Puerto Calero et Marina Rubicon (on ne se refait pas), mais surtout le parc national de volcans, la route des vins (avec dégustation, gulp !) et la maison-musée de César Manrique. Cet artiste local a, dans les trente dernières années, imprimé sa marque sur les chantiers immobiliers (style, nombre d’étages, couleur blanche des murs, encadrements des portes et fenêtres peints…).

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Sans aucun regret cette fois, le 07 novembre nous mettons le cap vers l’extrémité sud de l’île, pour aller mouiller devant la plage de Playa Blanca, tout près de Marina Rubicon. Nous nous retrouvons ici dans un environnement tout tourné vers le tourisme de masse, avec moultes résidences, hôtels, magasins, restaurants…Mais heureusement la saison touristique n’a pas encore commencé et le mouillage est agréable, malgré les ballets de jets ski, les bouées tractées et la musique des boîtes de nuit.

 

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